|
|
Isabelle Georges & Frédérik Steenbrink voyagent chez Norbert Glanzberg
Connaissez-vous Norbert Glanzberg ? Non ? Ou alors Padam, Mon manège à moi de Piaf, Les grands boulevards d'Yves Montand ? Oui, bien sûr. C'est Norbert Glanzberg qui a composé ces véritables monuments de la chanson française, et bien d'autres.
A la demande du directeur de l'Orchestre symphonique de Mulhouse Daniel Klajner, la chanteuse Isabelle Georges a revisité le répertoire de ce compositeur déclaré "artiste juif dégénéré" par les nazis et obligé de quitter l'Allemagne pour se réfugier en France où il se liera aussi bien avec Edith Piaf qu'avec Tino Rossi, Maurice Chevalier ou Charles Trenet.
Sur la scène du Théâtre de la Sinne, dans le cadre de la saison de musique de chambre de l'orchestre symphonique, Isabelle Georges s'est donc mise dans les pas de Norbert Glanzberg, initiant un véritable voyage talentueux d'un guitariste aux accents manouches, Aurélien Bouly, d'un contrebassiste distillant de belles notes bleues, Jérôme Sarfati, et d'un complice talentueux à la fois pianiste et chanteur Frédérik Steenbrink.
Hymnes à la vie
Mais elle a revisité ce répertoire à sa manière, sans vaine imitation. Recréant ces chansons qui tournent encore dans nos têtes, ou que nous avons oubliées, ou même que les moins de 20 ans (et plus) ne peuvent pas connaître. Malgré la proximité de la guerre et du nazisme qui a contraint Glanzberg à l'exil, rien de sombre ni de douloureux dans ces chansons d'amour qui sont autant d'hymnes à la vie. Insoutenable légèreté d'être d'un artiste juif allemand persécuté dont chaque chanson apparaît comme un pied de nez aux tragédies de l'histoire. Isabelle Georges, avec une belle présence tant scénique que vocale, en a fait un spectacle attachant et talentueux qui, après cette première mulhousienne, devrait séduire d'autres publics.
Source : L'Alsace 25/03/09


|